Hélène Gerster
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Mirabilia


Installation réalisée en collaboration avec le décorateur-scénographe Adrien Moretti assisté d’Emilien Colin et Thierry Fumey (calculs techniques en lien avec les miroirs).

Présentée durant l’été 2011 à la triennale de sculptures de Bex (Suisse), « Bex & Arts »

Pour compléter la documentation de cette installation un film a été tourné dans Mirabilia, il est visible sur you tube.

Les images de 2 à 5 de cet article ont été réalisées par David Gagnebin-de Bons et publiées dans le catalogue de Bex & Arts 2011.

Construit autour de deux miroirs qui projettent un fragment du paysage à l’intérieur de la structure, ce pavillon est un espace qui vise à concentrer des memorabilia ou mirabilia, soit un paysage, vue, point de vue à mémoriser. Il comprend une chambre depuis laquelle le spectateur contemple comme un « tableau », un morceau choisi du paysage. Il s’agit de proposer un intérieur pour prendre la mesure et mettre en valeur l’extérieur. Ce « tableau » est produit par le jeu entre deux miroirs parallèles. Le paysage devient ainsi plus facilement mémorisable mais simultanément ce qui s’offre au regard est une image insaisissable.


Texte tiré du catalogue de l’exposition TERRITOIRES, triennale de sculptures de Bex, éd. Art&fiction, Lausanne, 2011

Une élégante petite maison en bois brut a été conçue sur mesure pour l’environnement dans lequel elle se fond. Sa construction, comme celle du parc de Szilassy, a été pensée dans son rapport au paysage qui l’entoure. À l’intérieur, une chambre peinte contenant un siège et un tableau contraste avec l’aspect de la cabane. Ce refuge, à l’échelle d’un corps, est autonome et isole le spectateur du dehors : la vue qu’offre la « fenêtre » est médiatisée par un jeu de miroirs. En référence aux points de vue romantiques qui jalonnaient la promenade d’origine, cette composition a été délibérément choisie dans une portion de paysage, rappelant le dispositif du « miroir de Claude ». MIRABILIA invite ainsi à la contemplation et offre au visiteur un espace-temps de recueillement, de pensée et de retour sur soi, à l’écoute de ses sens. Comme métaphore du corps, cet abri permet de recadrer l’extérieur et d’en reprendre la mesure. L’expérience proposée ici s’intègre dans la démarche plus générale d’Hélène Gerster qui redéfinit les territoires qu’elle arpente, au fils de son œuvre, en les présentant sur un mode corporel, sensoriel et personnel. Dans ses textes, notamment, elle apprivoise l’étrangeté de lieux nouvellement (re)découverts par une écriture intimiste qui relate pensées et souvenirs. Elle pose ainsi intérieur et environnement dans un dialogue subtil qui explore les limites de la perception.

Noémie Enz, Pascal Häusermann et Jessica Schupbach, curateurs de l’exposition.