Hélène Gerster
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Là-haut, le mobilier se fait branche et le tapis gazon

Gravier et plantes, 2004
Réalisation in situ en collaboration avec Cécile Albana Presset (architecte paysagiste) et Stéphane Collet (architecte) dans le cadre des Yeux de la ville, Genève (site de Montchoisy, quartier des Eaux-Vives).
Réalisé avec le soutien de l’entreprise Rampini

La façon dont est organisé l’espace public traduit du foisonnement d’usages qui se partagent son domaine, bien souvent sans réussir à en satisfaire aucun. Les conflits entre usages antagonistes, la routine, confèrent souvent un visage indécis aux rues. Renouveler la perception du quotidien, en dérobant à la vue les objets familiers du domaine public, puis fixer un cadre pour que puissent se développer le temps d’un été des activités jusque là retenues, tel est l’enjeu de ce projet d’aménagement à la rue Montchoisy (Genève).

Un monticule en gravier (env. 250 tonnes) est crée à l’emplacement du square. Les différents objets appartenant au domaine public (poubelles, bancs...) sont engloutis. D’une hauteur de 1m90, le monticule fixe une plateforme horizontale dans un terrain en pente, rendant ainsi l’usage du terrain plus commode. Il s’avance dans la rue et crée un appel à le gravir, il forme un poste d’observation muni d’un banc à la même hauteur que les terrasses privées des immeubles proches. Enfin, les branches d’arbres du square deviennent accessibles.

Le fait de mettre le périmètre du square en zone de rencontre permet d’élargir l’espace appropriable par les piétons, tout en laissant la possibilité aux véhicules de traverser le site. Cette intervention offre aux habitants un prétexte pour se rencontrer, elle possède aussi une dimension plastique que traduit sa forme simple et sa masse conséquente. Durant la manifestation (du 24 juin au 16 août 2004), la plateforme entre autre accueilli des apéritifs, des pique-niques, des concerts, de la danse...